Un jour de mai,
Voilà quelques semaines que je ne recevais plus de nouvelles de L. Cela me contrariait fortement. J'étais déjà accroché à lui. Quand on goûte une fois au péché, nous ne pouvons nous arrêter d'y goûter. Seulement une autre fois, dit-on. Mais au fond, cela nous plaît. Je ne voyais pas, et surtout ne croyais pas qu'il commençait à contrôler mes sentiments. Je suis quelqu'un de sentimental, je fus envahi par mes émotions et il le savait. Cette distance était une façon pour lui de me rendre encore plus dépendant, telle la cigarette que nous ne pouvons fumer. Telle une drogue dans laquelle je ne pouvais sombrer. Je restais incertain. J'allais voir à droite à gauche pour prendre du bon temps, mais mes pensées étaient fixées sur L. Cela me rendait malade de ne pas avoir un signe de vie de sa part, moi trop orgueilleux pour vivre aux dépends d'un seul homme. Je ne pouvais que porter mon masque de garçon fier, imbus de sa personne devant autrui, mais je me voilais la face. Je commençais à me prendre peu à peu au jeu de la séduction, qui me mènera plus tard au sentiment trop tranchant qu'est l'amour. J'étais vexé et je voulais déjà passer à autre chose. Mais au fond de moi, je ne pouvais y renoncer. Avais-je dont peur de l'admettre ? Il me manquait. Comment une simple communication pouvait-elle me créer cet état de dépendance ? J'avais honte, mais je ne le montrais à personne. Comment étais-je aussi naïf pour croire qu'une personne telle que L, un séducteur beau parleur allait s'intéresser à moi. C'est à ce moment là que je me méfiais de cet amour grandissant, que je me méfiais de sa sincérité tout simplement.
L, le seul homme ait pu me mettre dans cet état de tendre colère, de douce haine. J'étais vexé, mais je réalisais que je lui pardonnerai tout s'il me le demandait. Je voyais très bien, que j'étais conquis. J'abdique.